Avec la réforme de la facturation électronique, 2 dispositifs complémentaires coexistent désormais : l’e-invoicing et l’e-reporting.
- E-invoicing : il concerne l’émission et la réception des factures B2B domestiques entre assujettis établis en France, qui devront obligatoirement circuler sous forme électronique via des plateformes agréées (PA).
- E-reporting : il vise la transmission périodique à l’administration fiscale de données relatives aux opérations qui ne relèvent pas de l’e-invoicing (ventes B2C, opérations avec des opérateurs étrangers, certaines opérations avec des non-assujettis, etc.).
L’e-reporting est une obligation réglementaire qui vise à renforcer la transparence et à faciliter le contrôle fiscal, tout en représentant une opportunité pour améliorer la gestion administrative interne. Mais en quoi consiste précisément l’e-reporting, quelles entreprises sont concernées, et quels bénéfices peuvent-elles en tirer ? Dans cet article, nous faisons le point sur le sujet.
E-reporting : définition, enjeux et obligations
L’e-reporting vise à transmettre à l’administration fiscale des informations sur les ventes et prestations réalisées en dehors du cadre de l’e-invoicing. Cette démarche répond à un quadruple objectif : renforcer la lutte contre la fraude fiscale, améliorer la compétitivité des entreprises en allégeant leur charge administrative, simplifier les obligations déclaratives en matière de TVA avec des déclarations préremplies, et avoir une vision plus claire de l’activité en temps réel des agents économiques.
Dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, l’e-invoicing doit donc être complété par l’obligation de transmission de ces données, appelée e-reporting.
Quelles opérations sont concernées ?
- Ventes et prestations à destination de particuliers (B2C)
- Ventes et prestations avec des opérateurs étrangers
- Données de paiement pour les prestations de services
Précisons que les opérations bénéficiant d’une exonération de TVA, conformément aux articles 261 à 261 E du Code général des impôts, ne seront pas soumises au e-reporting (ce qui inclut les opérations bancaires, d’assurance, médicales, d’enseignement, etc.).
🔎Si les clients de votre entreprise sont à la fois des particuliers et des professionnels, vous êtes concerné par cette mesure. Pour les factures à vos clients professionnels, vous serez obligé d’avoir recours à la facturation électronique. Pour les factures à vos clients particuliers, vous relèverez du e-reporting.
Quel est le calendrier d’application de l’e-reporting ?
- au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI
- au 1er septembrer 2027 pour les PME et micro-entreprises
Cette obligation progressive permet aux entreprises de s’adapter graduellement aux nouvelles exigences réglementaires tout en digitalisant leurs flux documentaires.
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Passer à la facturation électronique,
cadrage du projet
Comme pour les factures électroniques, les données d’e-reporting devront être transmises par l’intermédiaire d’une plateforme de dématérialisation partenaire de l’administration fiscale (PDP), aujourd’hui appelée Plateforme Agréée (PA) 1. Rappelons que depuis l’abandon du PPF (Portail Public de Facturation) comme plateforme de facturation, les flux passent par les PA.
Le rôle central des PA (ex-PDP) dans l’e-reporting
Dans le dispositif actuel, la transmission des données d’e-reporting doit obligatoirement passer par une Plateforme Agréée (PA). Ces plateformes, homologuées par l’administration fiscale, constituent l’intermédiaire technique et réglementaire entre les systèmes d’information des entreprises et l’administration.
Assurer la conformité des flux
Les PA sont conçues pour garantir le respect intégral des normes techniques et juridiques imposées par la réforme, qu’il s’agisse des formats de données, des contrôles à appliquer ou des délais de transmission. Elles prennent en charge l’évolution continue du cadre réglementaire, ce qui permet aux entreprises de rester conformes sans avoir à réimplémenter en permanence les règles dans leurs propres outils.
Gérer l’intermédiation avec l’administration
La PA reçoit les données issues des factures ou des journaux de vente, les contrôle, les enrichit si nécessaire, puis les transmet à l’administration fiscale dans les canaux et selon les cadences attendues. Elle assure également la gestion des retours (accusés, rejets, anomalies) et la traçabilité des échanges, ce qui sécurise les obligations déclaratives des entreprises.
Un socle unique pour e-invoicing et e-reporting
En s’appuyant sur une PA, les entreprises disposent d’une infrastructure unifiée pour gérer à la fois leurs flux d’e-invoicing et leurs obligations d’e-reporting. La plateforme s’intègre aux outils de facturation existants, centralise les flux et offre des fonctionnalités de suivi, de contrôle et d’archivage adaptées aux volumes et à la complexité des opérations.
Ainsi, les PA ne représentent pas une option parmi d’autres, mais bien le maillon central du dispositif d’e-reporting, en charge de la bonne circulation et de la fiabilité des données transmises à l’administration.
Les PA : de nombreux bénéfices pour les entreprises
Une solution clé en main
En optant pour une PA, les entreprises disposent d’une plateforme complète, capable de gérer de bout en bout leurs obligations, tant pour l’e-invoicing que pour l’e-reporting. Cela simplifie considérablement la gestion quotidienne des obligations administratives.
Sécurité renforcée des données
Les PA assurent le plus haut niveau de sécurité dans le traitement des données transmises à l’administration fiscale. Grâce à leurs infrastructures certifiées et régulièrement auditées, elles réduisent les risques liés aux pertes de données, aux fuites ou aux cyberattaques.
Évolutivité et interopérabilité
Enfin, les PA offrent une solution évolutive, qui s’adapte aux besoins et à la croissance des entreprises. Elles sont conçues pour s’intégrer facilement aux systèmes d’information existants, assurant ainsi une transition fluide vers l’e-reporting sans bouleverser les outils déjà en place.
Des bénéfices business concrets pour les entreprises
Au‑delà de la seule conformité réglementaire, le recours à une PA génère des gains opérationnels mesurables : réduction du temps passé aux contrôles manuels, diminution des litiges de facturation et sécurisation des déclarations de TVA, qui se traduisent par une baisse des coûts administratifs et des risques financiers. En centralisant les flux de facturation et de reporting, la plateforme met également à disposition des données fiabilisées et quasi temps réel, utiles pour le pilotage de la trésorerie, le suivi du chiffre d’affaires et la prise de décision.
Enfin, l’automatisation des échanges et l’intégration native avec les outils de facturation et de gestion améliorent enfin l’expérience des équipes finance et comptabilité : moins de ressaisies, moins d’erreurs, plus de valeur consacrée à l’analyse qu’à la production. À terme, la PA devient ainsi un levier de performance globale, en soutenant la croissance de l’entreprise tout en sécurisant sa relation avec l’administration fiscale
E-reporting : les questions fréquemment posées
1/ Qui est soumis à l’e-reporting ?
Toutes les entreprises assujetties à la TVA qui sont établies en France sont concernées par le e-reporting, lorsqu’elles réalisent des opérations avec des clients particuliers (BtoC, opérations « business to consumer ») ou avec des opérateurs étrangers (UE /hors UE – entreprises ou particuliers).
Certaines entreprises étrangères non établies en France peuvent être soumises à l’obligation de e-reporting, dès lors que l’opération qu’elle réalise est réputée située en France et soumise à TVA. Il s’agit le plus fréquemment d’opérations réalisées avec une personne non assujettie à la TVA (le plus souvent, un particulier, mais cela peut-être une association ou une personne publique) taxable en France.
2/Dans le cadre de l’e-reporting, quelles seront les données à transmettre ?
- Le numéro d’identification de l’entreprise assujettie ;
- La période au titre de laquelle la transmission est effectuée ou, pour les opérations donnant lieu à une facture électronique, la date de facture ;
- La mention « option pour le paiement de la taxe d’après les débits » lorsqu’il y a lieu ;
- La catégorie de transaction soit :
- livraison de biens soumises à la TVA
- prestation de services soumises à la TVA
- livraisons de biens et prestations de services réalisées par des assujettis établis en France et qui ne sont pas situées en France
- Par taux d’imposition, le montant total hors taxe et le montant de la taxe correspondante
- Le montant total de la taxe due en France
- La devise ;
- La date des transactions ;
- Pour les opérations ne donnant pas lieu à une facturation électronique, le nombre de transactions quotidiennes ;
- Pour les opérations donnant lieu à une facturation électronique, le numéro de la facture.
3/ Les opérations hors champ de la TVA doivent-elles faire l’objet d’une transmission d’information à l’administration ?
Seules les opérations qui rentrent dans le champ d’application de la TVA et mentionnées à l’article 290 du CGI (Code Général des Impôts) sont soumises au dispositif de transmission d’informations à l’administration. Les opérations hors du champ de la TVA sont donc exclues du e-reporting.
4/ Comment déterminer si l’opération entre dans le champ de la facturation électronique ou de la transmission d’information (e-reporting) ?
Dans un premier temps, il convient de déterminer le lieu d’établissement des parties à la transaction. Dans un second temps, les règles de facturation applicables ainsi que la territorialité de l’opération à la TVA permettent de déterminer le dispositif applicable.
La facturation électronique s’applique aux transactions entre assujettis établis en France qui entrent dans le champ de la TVA en France et pour lesquelles les règles de facturation françaises sont applicables. La transmission d’informations (e-reporting) s’applique aux opérations listées à l’article 290 du code général des impôts. *
Par ailleurs, les opérations réalisées et taxables dans un autre État, dans lequel un assujetti établi en France serait identifié à la TVA pour les besoins de ces opérations, n’entrent ni dans le champ de la facturation électronique (e-invoicing) ni dans le champ de la transmission d’informations (e-reporting).
La généralisation de l’e-invoicing et de l’e-reporting ne se limite pas à un simple changement de format : elle impose une transformation en profondeur des flux de facturation et de reporting, depuis les outils métiers jusqu’aux processus comptables et financiers. Les entreprises doivent revoir la façon dont elles émettent, collectent et consolident les données de leurs transactions, afin de pouvoir les transmettre dans les délais et selon les exigences de l’administration.
Dans ce contexte, l’anticipation du projet devient un enjeu structurant : choix et intégration d’une PA, adaptation des systèmes d’information, conduite du changement auprès des équipes financières et métiers. Les organisations qui prennent de l’avance sur ces sujets transformeront une contrainte réglementaire en levier de fiabilisation des données, d’automatisation des tâches et de pilotage renforcé de leur activité.
Pour en savoir plus et être accompagné dans votre transition vers l’e-reporting, contactez Docoon. Nos experts sont à votre écoute pour répondre à vos questions et vous guider vers une solution sur mesure.
*Source : FAQ – site impots.gouv.fr
(1) Quelques mois après la rédaction de cet article, L’État a annoncé une évolution majeure de vocabulaire : les PDP (Plateformes de Dématérialisation Partenaires) portent désormais l’appellation PA (Plateformes Agréées).